Hybridation? Sélection clonale / massale ? Aller je vous explique tout! (1/2)

Comment sommes nous parvenus à l’obtention d’un tel matériel végétal en viticulture ? Et est il possible de faire encore évoluer les choses ??

Pour commencer quelques bases !

Le matériel végétal peut être obtenu par plusieurs voies : l’hybridation, la sélection massale, la sélection clonale et plus récemment la culture in vitro ainsi que le génie génétique… La dernière méthode est actuellement très controversée.

Création de nouvelles variétés par hybridation

Marselan

L’hybridation permet l’obtention d’un plant, d’un hybride grâce à des fécondations croisées.

Il existe 2 sortes d’hybrides : l’hybride « vrai » qui est obtenu par fécondation de deux espèces différentes (ex : Vitis Vinifera x Vitis Rotondifolia) ; il y a aussi l’hybride nommé « métis » qui est obtenu par le croisement de deux variétés de la même espèce (ex : Cabernet Sauvignon x Grenache N qui donne le Marselan).

Au début l’hybridation a été mise en place pour trouver de nouveaux cépages résistants aux maladies mais surtout à gros rendements pour renflouer la production après les ravages de l’oïdium. A la suite du Phylloxéra (qui a détruit le vignoble français à partir de 1863)  il a fallu créer des porte-greffes compatibles au greffage d’abord résistant aux pucerons (celui du phylloxéra) ensuite au calcaire et pour finir aux nématodes (vecteur de maladies).

Maintenant, l’hybridation est plutôt orientée vers la création de métis aux aptitudes culturales et oenologiques interessantes.

Comment hybride t’on ? 

La pratique de l’hybridation est assez simple, si les floraisons des deux parents que l’on a sélectionnés sont simultanées, en revanche elle est légèrement plus complexe lorsque les floraisons sont décalées.
Car il faut sécher les anthères de la variété la plus précoce puis recueillir le pollen de celles-ci et les conserver au frais et au sec.
Pendant ce temps on place sous serre la variété la plus tardive et on castre les inflorescences (on enlève la corolle et les étamines). Ensuite à l’aide d’un pinceau on va badigeonner son pistil avec le pollen recueilli et ensacher l’inflorescence (on l’a met dans un petit sac pour ne pas qu’il y est fécondation avec une autre variété que l’on n’aurait pas sélectionnée). Les baies qui vont ainsi être produites sont récoltées à maturité et séchées, leurs pépins sont placés au froid, puis à l’humidité, puis au chaud pour les faire germer.


Sélection Massale 
Bon on va se la jouer assez simple pour comprendre le principe. En gros le vigneron est dans ses vignes  l’été et il marque (avec une ficelle ou autre) tous les pieds qui lui plaisent (parce qu’ils ont la bonne vigueur, parce qu’ils semblent plus résister aux maladies…) et l’hiver arrive, là il prend les bois des pieds qu’il avait sélectionnés et les envoie chez son pépiniériste pour qu’il le greffe avec le porte greffe qu’il aura choisi. En général on préconise tout de même au vigneron de faire un test au court noué (maladie du bois). 
Sélection clonale 
Tout d’abord il faut savoir ce qu’est un clone, « c’est la descendance végétative conforme d’une souche de base choisie pour son identité indiscutable, ses caractères phénotypiques et son état sanitaire ».
Enfin bref, ça commence exactement comme la sélection massale sauf que le matériel qui va être sélectionné va ensuite être certifié à la suite d’une batterie de tests (voir ses résistances aux maladies, son intérêt ou pas de le développer) ensuite il est produit a grande échelle et commercialisé. (les plants certifiés portent forcément une étiquette bleue qui précise le numéro du clone)

Toute cette sélection sanitaire (française) se fait pas très loin de chez moi au Domaine de l’Espiguette au Grau du Roi. Entre la sélection au vignoble et la commercialisation on compte bien une quinzaine d’années !! 

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