La Viticulture Antique :Visite au Mas des Tourelles


Partie 1 : Introduction

Pourquoi étudier la viticulture antique ?
ð Est ce pour mieux vendre du vin ?
Un argument commercial pourrait être : « La tradition » ; qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant car ça ne peut pas, bien évidemment, être le même vin au même endroit !
ð Parce qu’il y avait des techniques de viticulture et viniculture qui peuvent êtres intéressantes pour nous aujourd’hui ? (Un livre du CNRS a était éditer en étudiant cette exploitation)
ð Parce qu’il existe des « vins romains » vendu dans le commerce (avec un certain succès !)
ð Parce que c’est un nouveau produit, porteur.
ð Et puis parce qu’on peut ignorer que la viticulture était énormément présente en Languedoc-Roussillon (1er vignoble de masse au temps des romains), de plus beaucoup de site sont mis à jour et se diffuse aux public.
Première Idée reçue : Les Grecs nous ont apportés la Vigne.
ð Oui : À Marseille (Massilia) à partir de -600 av JC
ð Non : La Vigne existait ici (à Lattes) dès l’âge du Fer ! Elle était abondante, et sauvage (Lambrusc) ou semi cultivée, pour soit de la production de « vins » ou simplement pour consommer les baies. Car des archéologues ont retrouvés des pépins en amas à certains endroit.
Les étrusques (Toscane actuelle) étaient installés à Lattes avant les Grecs et auraient peut introduit la vigne ou même transformé le raisin en vin !
Le Vignoble Grec, lui, est resté isolé à Marseille pendant des siècles (200 à 300 ans)
Pour les grecs la consommation de vin était :
Un rituel de pouvoir pour : prise de décision et communauté dans les assemblées, les élections de chefs, les célébrations.
Mais aussi un rituel Religieux admettons pour les banquets funéraires : Le « Symposium ». Chez les grecs le vin était synonyme de « sang de la Terre ».
Un rituel Social en se qui concerne les échanges, les obligations réciproques, une affirmation de l’autorité des chefs. Car rappelons que le vin était une monnaie d’échange, donc il pouvait rendre l’autre débiteur.
Les celtes eux buvaient de la cervoise, ils ont donc adoptés le vin des étrusques ou des grecs pour en faire une boisson rare, exotique, de prestige et chère.

Les vignes poussaient accrochées à des oliviers
Partie 2 : L’introduction des vins romain
Les importations de vins grecs à partir de la Grèce et des colonies grecques en Méditerranée : « la grande Grèce » : Massilia, Espagne, Maroc. (on le sait grâce aux navires retrouvés)
Essor du vignoble romain qui était de « qualité » mais surtout de masse ! Le vin vendu aux romains venaient d’importation étrusque, de Marseille et aussi d’importation Romaine.
Les vins arrivaient donc de manière générale par bateaux dans les ports, comme à Narbonne, on en retrouve aussi à Arles (sur des Km de quais !).
90% des cargaisons romaines étaient du vin, on y retrouvait des jarres de 1500l et un même bateau pouvait transporter 14 000l !
Les tonneaux furent inventés par les Gaulois se qui change donc de manière considérable la qualité du vin, les gaulois ont finis par adopté les vins romain et le transformèrent.
Partie 3 : Les vignobles de masses Languedocien
Les vins Languedociens vont envahir par la suite les « romains » qui vont constituer 25% de leurs consommation ! Les vins venaient de la Narbonnaise (région qui s’étendait tout le long du littoral méditerranéen)
À l’époque il y avait donc un réel développement des exploitations agricoles, par exemple à Loupian il y a l’apparition du chais qui touche les maisons et qui produisait des dizaines de dizaines de milliers de litre, mis par la suite dans des « dolias » (tonneaux).
Partie 4 : Visite du Mas des Tourelles

Olivier de plus de 100ans devant le Mas
Le domaine appartient à cette famille depuis le XVIIIe siècle, on y trouve 2 caves : une moderne et classique sous l’appellation costière de Nîmes.
Et une autre qui a un attrait à la vinification Romaine avec une cave gallo-romaine grandeur nature qui constitue un vrai travail scientifique.
Au niveau de ce Mas, à l’époque romaine c’était un site de production d’amphore, les gauloise IV très légère pour l’époque : 10kg et d’une contenance de 26l. Et puis proche il y avait un vigneron qui exploitait ces vignes avec son chais collé à la maison, car le vin était une denrée très convoité. Le vin était généralement coupé à l’eau, ou à l’eau de mer, et mélangé à des épices.
Aucune trace archéologique ne nous permet de retrouver les cépages utilisés. Le Mas des Tourelles à donc choisi d’utiliser le Villard pour les vins Blanc et le Grenache noir pour le vin rouge, tout en étant en agriculture raisonnée.
Pour produire le vin, on foule d’abord le raisin avec les pieds (5 à 10 personnes), qui coule par une rigole et atterrit dans un cuvon par l’intermédiaire d’une rigole. 50% du jus va rester dans les grappes et va être extrait par le pressoir (de 2,5t, 7m de long) ; le moût et par la suite transvasé dans des jarres à l’aide de sceaux (les jarres sont poissées préalablement avec une matière noire qui rend celles-ci imperméable), pour finir on laisse fermenter. Une fois que le vin est constitué, on va l’aromatiser pas pour relever le goût, mais pour eux c’est un moyen de conservation par exemple le thym est antiseptique. Il faut faire attention car le vin en jarre n’est pas conservable ! (Au mas le vin est par la suite sulfité, filtré et mis en bouteille).

La visite se termine par la dégustation des 3 vins produits, se qui est la finalité de ce travail de recherche archéologique, pouvoir se rapprocher au plus près de ces fameux « cru romain » et qu’il fassent autant d’adepte de nos jours qu’il y a maintenant plus de 2000 ans!

Le TURRICULAE à base de villard vinifié en dolium avec apport de defrutum (liquide sucrant à base de coing) pendant la fermentation, puis ajout d’eau de mer (réputée prophylactique), de risome d’iris et de fenugrec.
« C’est la description très précise de Columelle (I er siècle ap JC) qui a servi de base à cette recette qui, plus que les autres, ressuscite un goût très singulier. Nez marqué par le curry et la noix qui évoque les notes oxydatives d’un Xérès ou d’un vin jaune en moins puissant. La bouche est un étonnant mélange sucré/salé avec des saveurs assez intenses d’iode et de curry, portées par une agréable fraîcheur. La surprise naît de ce sel qui s’intègre parfaitement à la dégustation. Complexe et déroutant, ce type de vin était apprécié des romains car il reproduisait, à peu de frais, le goût de noix (grâce au fenugrec) typique des crus romains ayant longuement vieilli (jusqu’à 100 ans si l’on en croît Pétrone), et que l’on rencontre aujourd’hui dans certains vins oxydatifs élevés sous flore (vin jaune ou Xérès). »

le MULSUM composé de syrah/ Grenache dans lequel on a fait macéré du : miel, thym, cannelle, gingembre et poivre rose. « Un rouge au nez de miel et de thym qui rappelle furieusement un hydromel. En bouche, le thym et le miel dominent toujours sur un fond de fruit rouge et de notes fumées, avec une finale à la fois sucrée et légèrement tannique. Peut-être la moins intéressante des trois cuvées, à cause peut-être d’un Pline l’Ancien (23 – 79 ap JC) un peu négligeant qui ne s’est pas donné la peine d’indiquer les dosages des différents ingrédients mais aussi parce que le vin de base est issu d’une vinification et de cépages classiques. Ce type de vin que les grecs et les romains réservaient au « gustatio » (à l’apéritif) n’en reste pas moins très plaisant. »

Et pour finir le CARENUM composé de Villard et d’une forte quantité de « defrutum » qui fait penser à un vin liquoreux. « On doit au dénommé Palladius (IV ème siècle ap JC) cette recette très convaincante de vin liquoreux (120 g de sucre résiduel). La robe est fortement ambrée/orangée, et le nez exhale de riches parfums de fruits confits et des notes légèrement fumées. En bouche, la confiture d’abricot, le miel et le coing confit dominent, avec un équilibre sur la douceur très agréable qui n’empâte pas. C’est sans doute le vin le plus facile à appréhender, le plus proche de nos repères, qui passerait facilement pour un vin santo ou autre liquoreux passerillé. Cette cuvée donne peut-être une idée des vins romains les plus prisés, tels le falerne, le cecube ou le vin d’Albe, qui étaient tous liquoreux. »

Je vous invite donc à aller visiter ce Mas en pays Gardois, qui retrace donc un petit morceaux de l’histoire du vin…
Pour plus d’info Mas des Tourelles

Ps : Merci à eccevino, que je site pour la description des 3 vins produits, car c’est beaucoup plus complet que mes notes…

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