Vendredis du Vin 32 : Des litres et des lettres

Ce Vendredi du Vin présidé par l’Oenothèque se veut littéraire, 
Et bien soit, tentons de nous abreuver de mots jusqu’à nous enivrer de litres de lettres, pour finir par voir flou entre la limite des mots du vin et des vingtaines de mots…
Les deux Satyres huile sur bois de Pierre Paul Rubens
Car « certes il y a dans l’écriture une musique savante, agréable, et qui berce. Qui berce tellement qu’on s’endormirait ». Dans un endroit où l’on dit que «la terre, elle est amoureuse : une fois mouillée quand elle vous tient, elle ne vous lâche plus. Amoureuse mais aussi maîtresse ingrate, caillouteuse, calcaire, où il ne pousse pas grand chose, à part les mauvaises herbes. Et la vigne bien sûr. »
Au milieu de cette terre amoureuse, pousse, appelé par certain, « une vigne enchantée et par d’autre la vigne de la sorcière, la vigne de la gitane, la vigne de  l’Enfer… Parfois la vigne de la salope ». C’est l’endroit idéal pour « une incantation destinée à appeler l’Esprit du Vin dans les Ceps, afin qu’il leur apporte vigueur et santé. Par la même occasion il s’insinue dans toutes les barriques, toutes les bouteilles contenant le vin auquel lesdits ceps ont donnés naissance les années précédentes. Quiconque en boit quand l’esprit s’y trouve le juge meilleur qu’à l’ordinaire ».
Le vin issu de ces vignes enchantées n’est autre qu’un vin de folie, « car il est des heures pour la sagesse et d’autres pour la folie. Aujourd’hui verse-moi de ce vin car tu sais que j’aime le sang tiré de la gorge des jarres quand il est pur comme ton cœur.
Et ne me dit pas que cette liqueur est perfide. Qu’importe l’ivresse à celui qui est né ivre ? Mes souhaits aujourd’hui sont compliqués à l’égal de tes boucles.
Et ne me dis pas que le vin est funeste aux poètes ? Car tant que la tunique du ciel sera, comme aujourd’hui, d’azur, et verte la robe de la terre, je veux boire à en mourir,
Afin que les jeunes gens au beau visage qui iront visiter ma tombe, de respirer l’odeur du vin, victorieuse de la terre, qu’exhaleront mes cendres, puissent, par le seul effet de cette odeur se sentir déjà ivre. »
Sortant de la douceur de mes rêves,« Je commence à parcourir vivement les pages du regard, m’arrêtant chaque fois que je repère les mots, « vin », « vignes », « ivresse », « plaisir »… Ainsi me dis-je, je vais pouvoir me faire une idée de la philosophie de l’auteur, glisser trois ou quatre citations pour faire sérieux, et improviser le reste… »

Lydia au verre de vin (1981), huile sur toile par Francine Van Hove
Il est alors l’heure de gouter l’un de ces vins qui me permettent de replonger dans ce rêve si doux, pour cela je vais prendre un Amarone della Valpolicella de San Raffael – Monte Tabor, Rouge 2003, qui avec cette belle robe grenat qui virevolte laissant apparaître de somptueux reflets orangés enivre ces plus proches spectateurs de cette danse envoutante d’arômes d’un panier de fruits d’hiver composé de fruits rouges noirs alcoolisé, de fruits confits et fruits secs allant même jusqu’à la douceur du pruneaux. Au moment où l’on se risque de porter ce nectar si précieux aux lèvres on est alors plongé dans un univers rond voluptueux et structuré avec une longueur en bouche se terminant par des arômes de noix.

Références : L’Esprit du Vin et autres récits, la Comédie Inhumaine – 5 de Michel Pagel
                     Les Mille et une nuits, Histoire de Gerbe –de-Perles

3 Comments

  • Hub dit :

    Au contraire de Bernard, j’aime beaucoup les Satyres, moi… De même que le titre du blog, aussi suggestif que cette belle peinture de Lydia…
    En tous cas, merci Nina pour cette participation à la 32ème rencontre virtuelle des VDV, si j’ai bien compris c’était une première.
    Voici le compte rendu de l’ensemble des contributions : http://www.oenotheque.net/article-vdv-32-compte-rendu-66740096.html
    à bientôt
    Hub

  • Nina dit :

    Merci beaucoup!

    Je suis vraiment contente que vous soyez venu jeter un coup d’oeil à mon blog…

    Le titre, certe maintenant que vous le dites peut sembler négatif, mais au moment de son choix sa signification était d’abord avec une référence cinématographique comme « Lost in translation » or « Lost in the Wild ».

    Et je l’ai plutôt choisi dans le sens où il a tellement de connaissances diverses, et de choses à savoir sur le Vin et la vigne que je ne sais pas par où commencer, ni même vers où aller…

    Et la photo des Satyrs illustre uniquement l’article et non l’ensemble de mon blog.

    Merci encore,
    Nina

  • Bernard dit :

    Salut Nina
    comme demandé me voici sur ton blog et je te livre donc mes impressions.

    Sur le fond: superbe cette grappe de raisin blanc. rien à dire de plus.
    Le titre me paraît négatif: tu es loin d’être une fille perdue pour le vin … je dirais plutôt que tu as été gagnée par le vin.

    La photo des satyres est-elle permanente ? ou bien vient-elle illustrer simplement les propos du jour ?

    Dans le premier cas, ils ne donnent pas une bonne image du vin et de sa Culture, mais plutôt les aspects vicieux et pervers des boissons alcoolisées.

    L’idée de ta rubrique sur le terrain est intéressante. Il te reste à restituer tes observations faites au Millésime bio !!!

    Voilà demoiselle mes réflexions comme demandé. Une dernière la peinture de la fille au verre me plait beaucoup

    Cordialement
    Bernard

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